jeudi 27 juillet 2017

"Le tueur de l'ombre" de Claire Favan


Un appel, il aura suffi d'un appel pour que la vie de R.J. Scanlon bascule de nouveau. Will Edwards, ce terrible meurtrier qu'il a réussi à arrêter, s'est évadé lors d'un transfert. Pour R.J., le cauchemar recommence, d'autant plus que dorénavant Samantha, l'ancienne femme de Will Edwards, partage sa vie et que le profiler en est persuadé, ils sont tous les deux ses prochaines victimes. Lorsque les crimes reprennent, R.J. se rend compte que des légères variations sont présentes dans la signature du criminel, alors Will Edwards a-t-il vraiment repris du service ou est-ce un imitateur ? Le doute s'installe, mais la cruauté quant à elle, ne cesse de s'accroître...

Ma sœur m'avait prévenu, après avoir lu Le tueur intime je voudrais enchaîner avec Le tueur de l'ombre. Elle ne s'est pas trompée, une fois terminé, je n'ai pas hésité un seul instant à m'emparer de celui-ci afin de savoir ce que la suite nous réservait. Autant le dire de suite, Le tueur de l'ombre est vraiment à la hauteur de son précédent et il m'a été tout aussi difficile de réussir à le reposer en cours de lecture.

"Elle frissonna d'effroi alors que l'évidence s'imposait à elle, horrible, inéluctable, froide: tant que Will vivrait, elle ne serait jamais en sécurité.
Une image religieuse inattendue s'imposa à son esprit. Will serait la croix qu'elle devrait porter jusqu'à son dernier souffle, sa pénitence pour un tort irréparable qu'elle avait dû commettre dans une autre vie. Car seule une explication métaphysique pouvait justifier la malchance d'être devenue l'objet de l'obsession d'une tel malade."

Je n'en dirais pas plus concernant l'histoire de ce roman, clairement si on a aimé Le tueur intime on aime encore plus celui-ci ! L'histoire de Will Edwards et RJ prend un nouveau tournant, un nouveau cap marquant qui nous désarçonne quelque peu. Dès les premières pages, le ton est donné, la folie, la folie pure et véritablement maléfique va de nouveau marquer chaque page de ce livre.

"Elle frissonna d'effroi alors que l'évidence s'imposait à elle, horrible, inéluctable, froide: tant que Will vivrait, elle ne serait jamais en sécurité.Une image religieuse inattendue s'imposa à son esprit. Will serait la croix qu'elle devrait porter jusqu'à son dernier souffle, sa pénitence pour un tort irréparable qu'elle avait dû commettre dans une autre vie. Car seule une explication métaphysique pouvait justifier la malchance d'être devenue l'objet de l'obsession d'une tel malade."

Retrouver RJ et Samantha dans cette suite est véritablement plaisant, il va être bizarre de dire la même chose pour Will Edwards, mais c'est le cas. Cette histoire, livre encore des surprises, des situations qui nous surprennent encore et toujours. Impossible de lâcher le livre une fois commencé, on a presque l'impression de courir un marathon et d'en ressortir essoufflé. C'est ce genre de livre qui nous saisit, nous marque, nous surprend et nous fait écarquiller les yeux au fil des chapitres.

Les crimes qui reprennent sont encore plus cruels, plus maléfiques que jamais. La psychologie des personnages, que nous connaissons déjà, mais aussi des nouveaux, est toujours parfaitement analysée. Rien n'est jamais laissé au hasard avec Claire Favan et on s'en rend compte à chaque fois.

Que dire d'autre ? Que dire de plus concernant Claire Favan et ses écrits que je n'ai pas encore dit et répété maintes et maintes fois. Dans ce livre, j'y ai retrouvé tout ce que j'aime tant avec cette auteure : une maîtrise irréprochable de ses personnages et de son intrigue, un suspens qui ne cesse de gagner en intensité de pages en pages, une écriture haletante qui nous tient véritablement en haleine du début à la fin et une fin surprenante, et même exceptionnelle.

Je martèle depuis quelques années que Claire Favan est vraiment une des plumes les plus prometteuses du thriller français, et c'est vraiment le cas ! Chacun de ses romans est un coup de cœur pour moi, et vous devriez vraiment la lire rapidement si vous ne l'avez pas encore fait. N'hésitez pas un seul instant ! Claire Favan va vous emmener dans des thrillers psychologiques à couper le souffle et Le tueur de l'ombre ne déroge pas à la règle !

Pour rappel, ma chronique du Tueur intime est disponible par ici !
Et Le tueur de l'ombre de Claire Favan est disponible aux Éditions Pocket.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
psychologique
suspens
haletant
vengeance
folie.

mercredi 26 juillet 2017

- Ann Gospel -

Nous nous retrouvons aujourd'hui pour une nouvelle interview d'auteur ! À l'honneur ce jour Ann Gospel, auteure du roman Une surprise de taille.


C'est à la suite d'un échange de mail qu'Ann Gospel me proposait il y a quelque temps de lire son premier roman auto-édité Une surprise de taille. Souvenez-vous, je vous en parlais il y a quelques semaines par ici. Après lecture de celui-ci, nombreux furent nos échanges pour parler du roman et des futurs projets de l'auteure, alors naturellement, je lui ai proposé une petite interview afin que vous aussi vous puissiez découvrir un peu plus qui est Ann Gospel.

Bonjour et bienvenue sur LaDoryquilit Ann, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Oui, bien sûr ! Bonjour à tous et merci Dory de m'accueillir sur votre blog riche et bien construit, très inspirant.
Après avoir longtemps travaillé à Paris dans le monde de la télévision, j'ai posé mes bagages il y a 8 ans au cœur de la sublime région Nouvelle-Aquitaine et totalement changé de métier. Aujourd'hui, je suis coach de vie et accompagne les personnes qui le désirent vers l'atteinte de leur objectif, pourvu qu'il soit réalisable et écologique pour elles.
L'écriture fait partie de mes véritables passions, j'en ai besoin pour mon équilibre. Actuellement, je rédige un roman sur le développement personnel justement, afin de transmettre aux lecteurs des outils leur permettant d'améliorer considérablement leurs existences :-)

Parlez nous de votre premier roman "Une surprise de taille" disponible en auto-édition.

L'idée de départ est partie du fait que je trouve que toutes les petites amies des people se ressemblent en étant très minces et “lookées” sur le même moule. Cela n'engage que moi et ce n'est pas un jugement, plutôt un constat !
J'ai donc eu envie de casser les codes, même si je ne suis pas la première à le faire, en choisissant une héroïne aux formes généreuses, ce qui ne l'empêche pas d'être jolie et de plaire.
Je voulais aussi évoquer l'homosexualité, la famille, l'amitié, la tolérance, les rencontres sur Internet... des sujets qui touchent beaucoup de monde. Et j'ai choisi de les aborder sur un ton plus léger que sérieux, tout en les respectant. J'espère avoir réussi !
Le message que j'ai souhaité transmettre est : aimez-vous, aimons-nous, peace & love ! Cela peut paraître utopique, mais j'y crois !

Dans votre roman, pas d'héroïne au corps de rêve, mais au contraire Rose est ronde et a des kilos en trop, une héroïne finalement à laquelle les lecteurs peuvent aussi plus facilement s'identifier. Pourquoi avoir fait ce choix ? Est-ce pour cela justement ?

On dit souvent que les lecteurs ont besoin de rêver, certes. Cependant, j'ai eu de nombreux retours de lectrices qui me remerciaient d'avoir osé mettre en lumière une femme ronde qui leur ressemble, car elles ont pu s'identifier (ou tout du moins comprendre) à Rose.
Alors, oui, je l'ai aussi fait afin de dédramatiser la situation actuelle, car notre société accuse les ronds (de plus en plus nombreux) et les juge violemment, sans chercher à comprendre les raisons pour lesquelles ils le sont, toutes différentes.
J'ai eu envie de leur apporter du réconfort et de l'espoir, au lieu de les blâmer, ce qui est dans l'air du temps.

"Une surprise de taille" est une vraie comédie romantique, mais derrière celle-ci se cache aussi des sujets plus sensibles, dénoncés avec toujours une pointe d'humour, comme l'homosexualité ou le regard des autres sur les personnes rondes. Qu'est-ce qui vous a donné envie d'écrire aussi sur ces thèmes ? 

Je me suis inspirée de la “vraie vie” : j'observe et écoute beaucoup les gens dans la rue, au restaurant, dans les magasins... 
Mes clients, amis et famille sont aussi une excellente source d'inspiration ! Néanmoins, si je pars sur des bases réelles, j'ajoute toujours une note d'imaginaire, afin de respecter l'anonymat de chacun.
J'ai eu envie d'écrire sur ces thèmes, histoire de permettre à chacun de réfléchir sur son rôle dans la société, qui est, je trouve, assez agressive si “on ne rentre pas dans les cases”. Le but de mon roman est de permettre à chacun de s'accepter tel qu'il est, tout en acceptant l'autre tel qu'il est aussi. Pas facile...

Sans la dévoiler, parlons un peu de la fin de votre roman. En refermant "Une surprise de taille" songiez-vous à faire une suite ? Ou était-ce un choix de laisser aussi le lecteur s'imaginer sa propre suite et fin ? 

Les deux !
Beaucoup de personnes me reprochent cette fin qui les laisse sur leur faim...
J'ai pourtant souhaité que chacun se l'imagine à sa façon, car j'aime bien l'idée qu'il n'y ait pas de véritable “happy end” classique. Le lecteur s'est imaginé les personnages au fil du roman, qu'il peut conclure comme il le désire avec une fin ouverte.
Cela dit, j'ai bien une suite en tête et espère pouvoir l'écrire courant 2018.
À suivre... :-)

Parlons un peu plus de vous Ann, comment vous êtes vous lancée dans l'écriture ?

J'ai toujours adoré écrire !
Il y a peu de temps, je suis tombée sur des cahiers sur lesquels j'écrivais des idées de romans, la psychologie des personnages, des dialogues et autres résumés. Je devais avoir 8 ans quand j'ai commencé.
En 2006, j'ai écrit mon premier vrai roman, un conte fantastique et initiatique pour enfants / ados, mais je ne l'ai jamais auto-publié : trop long, trop descriptif, trop indigeste ! J'aimerais lui apporter des corrections un jour, à moi de trouver le temps nécessaire pour ce lifting indispensable et salvateur.
Toutefois certains jeunes lecteurs (je l'ai fait lire au jeune public de mon entourage) l'ont apprécié en dépit de ses nombreux défauts. Ouf !
C'est comme Une surprise de taille, dont certains disent que c'est un roman vulgaire. Personnellement, ce n'était pas le but du tout, mais comme il y a une scène assez trash au début et quelques gros mots de temps en temps, je peux comprendre ce ressenti.

Que vous apporte l’écriture ?

Un immense bonheur !
J'apprécie de m'évader dans un monde que j'imagine de A à Z, même si, encore une fois, je peux me baser sur des faits réels au départ.
Écrire est aussi une introspection qui me fait un bien fou, comme une espèce de méditation. Je quitte le monde stressant pour rejoindre ma bulle et faire marcher mon cerveau droit, où loge notre créativité. C'est passionnant !
Il est vrai qu'écrire est un exercice solitaire, mais nos personnages nous tiennent compagnie. Et puis j'adore avoir une idée de base et voir où l'écriture me mène, c'est toujours un voyage dont je ne connais pas les détails dès le début (juste le résumé), ni la destination finale, les découvrant au fur et à mesure. 

Etes-vous vous-même lectrice ? Si oui d'un genre en particulier ? Avez-vous des titres que vous conseillez de lire absolument ?

Oui, j'adore lire, même si hélas, je lis nettement moins qu'avant.
J'aime beaucoup de styles différents, et à une époque je ne lisais que des thrillers :-)
Sinon le roman de Douglas Kennedy, La poursuite du bonheur, m'avait marquée à l'époque, je l'adore et le recommande chaleureusement. 


Quels sont vos projets pour la suite ? Une suite à "Une surprise de taille" ? Tout autre chose ?

Je compte terminer l'écriture de mon nouveau livre avant la fin de l'année, et entamer ensuite la suite d' Une surprise de taille.
Vu que j'ai besoin d'écrire et que j'ai toujours plein d'idées en stock, je compte bien continuer à exercer cette passion le plus longtemps possible. Et si les lecteurs estiment mon travail, alors tant mieux, c'est motivant !

Et pour finir Ann, un dernier mot pour vos lecteurs ?

Eh bien, déjà, je remercie chacun, du fond du cœur, d'avoir acheté et lu mon livre, c'est vraiment gratifiant. Je vous suis pleinement reconnaissante, merci pour votre confiance.
J'apprécie aussi tous les retours, positifs et/ou négatifs, car ils permettent d'améliorer bien des points, c'est pourquoi, c'est toujours fort utile.
Aussi, n'hésitez pas à m'écrire : anngospel@yahoo.fr
Puissiez-vous tous vivre un formidable été et à bientôt pour de nouvelles aventures !
MERCI

Un très grand merci Ann d'avoir pris le temps de répondre à mes questions ! J'espère que chacun a pris autant de plaisir que moi à en savoir plus sur vous, votre roman et vos projets. Nous vous souhaitons également un très bel été...

Et pour découvrir "Une surprise de taille" d'Ann Gospel, cliquez ici pour vous le procurer !

mardi 25 juillet 2017

"Le tueur intime" de Claire Favan


Avec ma fidèle amie Delphine, Aubazaardeslivres, depuis quelques mois, on s'accorde sur une lecture commune. Chacune notre tour, nous choisissons un roman que nous partageons donc pour une lecture commune. Du coup, j'ai décidé aussi de poster ce rendez-vous mensuel sur LaDoryquilit ! Vous l'avez donc compris, chaque mois un article réunissant nos deux avis sera donc posté par ici, l'occasion de vous offrir une double critique sur le livre choisi :)

Pour ce mois de juin, il s'agissait du roman Le tueur intime de Claire Favan qui est sorti de nos PAL à cette occasion.


Chronique de Marion :

A quinze ans, Will Edwards est un adolescent malmené par la vie. Entre les viols subis par son père et les humiliations quasi-quotidiennes à l'école, le garçon fait tout pour qu'on essaie de l'oublier. Et puis un jour, Samantha arrive dans sa classe, le défend contre les autres et pour Will elle devient une obsession : il la veut. Tout ne se passe pas comme Will le voudrait et le garçon, alors, prend goût à la vengeance, la perversité et surtout la cruauté. Les années passent et Will devient alors un terrible prédateur prêt à tout...

En grande admiratrice de Claire Favan, je m'étais mis de côté ses deux romans Le tueur intime et Le tueur de l'ombre. Alors autant vous l'avouer tout de suite, en refermant Le tueur intime je me suis littéralement ruée sur le livre suivant pour connaître la suite !

De l'adolescence à la maturité de Will, nous suivons l'histoire de ce jeune garçon devenu homme, qui se transforme en véritable prédateur. L'adolescent malmené qui ne se défendait pas contre ses camarades ? Celui pour qui nous nous attachions ? Oubliez-le, rapidement même. Le Will Edwards de ce roman est un être qui représente à lui seul le Mal (oui avec un M majuscule). De pages en pages, on assiste à la naissance d'un tueur en série, on est dans la tête d'un tueur ! Ses projets fous, terribles même sont exposés, nous assistons impuissants à l'emprise psychologique qu'il a sur Samantha et on en reste bouche bée.

"Il ne pratiquait nullement un geste d’amour mais un acte de domination pure et de possession brutale. Il prit, sans égard et sans douceur, assouvissant sa revanche envers la faute qu’il lui imputait depuis près de trois années. Il savourait le goût de ses larmes et la perception de sa souffrance. Et c’était mieux que tout ce qu’il aurait pu imaginer. Aux sensations physiques s’ajoutaient la satisfaction du devoir accompli et une dose de joie perverse à l’idée d’infliger de la douleur."

Dans ce roman, c'est une montée en puissance qui nous attend. Aussi bien du comportement de Will Edwards, de ses agissements, que du suspens et de l'intensité de l'écriture de Claire Favan. L'auteure nous malmène tout au long de son livre, il faut s'accrocher devant tant de violences. Des violences physiques, et psychologiques qui offrent des scènes parfois à la limite du supportable tant nous les imaginons "trop" bien. À côté de Will Edwards, les personnages de Samantha, mais aussi RJ, un profiler qui reprend l'enquête, sont tout autant maîtrisés, nous les suivons également avides de savoir où cette folle histoire va les entraîner.

Ce que j'admire dans l'écriture de Claire Favan, c'est cette faculté qu'elle a, a vraiment donné naissance à un psychopathe. On suit toutes les étapes, le commencement, le déclenchement, les événements qui s'enchaînent, elle a ce pouvoir de vraiment offrir au lecteur un personnage abouti au plus haut point, et c'est le cas encore une fois pour Will Edwards et ça en est étrangement fascinant...

"Notre tueur est un pur sociopathe. Il n’hésite d’ailleurs pas à éliminer les gêneurs si nécessaire, comme Adam Swan ou son codétenu. Pour lui, les femmes ne servent qu’à satisfaire son fantasme. Ce qu’il aime, c’est faire souffrir, dominer et briser l’esprit de ses victimes."

Comme toujours, une fois plongée ici dans Le tueur intime il m'a été très difficile de le reposer en cours de le lecture, on s'accroche littéralement au bouquin, on veut savoir la suite ! Littéralement happé par l'histoire, le lecteur est pris dans un engrenage limite terrifiant. Le suspens ne cesse de gagner en intensité pour un final en apothéose, vraiment.

Vous l'avez sûrement compris, mais c'est un vrai coup de cœur ! Claire Favan est une auteure que j'admire vraiment, une auteure qui sait m'offrir des sueurs froides et des heures de lecture trépidantes. À chaque roman que je lis d'elle, je me dis "non allez, elle ne va pas encore réussir à me scotcher ?" Et bien si et j'en redemande encore et encore et encore !

Vous n'avez pas encore lu Claire Favan ? Grave erreur ! Elle est l'une des plumes françaises du thriller à lire absolument, et je ne saurais vous conseiller que de vous y mettre rapidement...


Chronique de Delphine :

La première chose que j'ai envie de dire concernant ce livre c'est : woooooooh !!! Mais quel truc de dingue !!! Voilà ça donne le ton non ?
Honnêtement, ce livre est une vraie tuerie. Plus de 600 pages qui se dévorent ! Une fois ouvert le livre, vous pourrez difficilement le relâcher.
Je ne vais pas vous faire un pitch sur l'histoire, la 4ème de couverture remplit parfaitement son rôle.

Claire Favan nous happe dès les premières pages pour nous entraîner dans une spirale infernale où le rythme va monter crescendo pour terminer sur un final explosif. Voilà LA phrase qui pourrait résumer tout le livre.

Plus sérieusement, dans le tueur intime, Claire Favan nous propulse dans la tête de Will, tueur en série en devenir. Nous allons assister à sa montée en puissance, jusqu'à en frôler la perfection. Will est méticuleux, intelligent et ne laisse rien au hasard. Sa personnalité froide et violente font de cet homme un monstre. Certaines scènes sont particulièrement pénibles à vivre. Mais l'écriture de Claire Favan est tellement addictive qu'on en veut toujours plus. On la suit dans l'escalade de la violence de son personnage.

Les personnages de ce roman sont habilement travaillés. On assiste à l'asservissement de Samantha par Will, sans rien pouvoir faire. Cette jeune fille qui un jour va prendre sa défense à l'école aurait mieux fait de s'abstenir. Elle va alors devenir l'obsession de Will qui va tout mettre en oeuvre pour parvenir à ses fins. Samantha est touchante, même si par moment ces réactions m'ont surprises. Néanmoins, la perversion de Will est telle qu'on peut facilement comprendre ses réactions. J'ai beaucoup aimé également le personnage de RJ, ce nouveau profiler qui va arriver dans cette équipe et reprendre l'enquête. Cet homme blessé et qui manque de confiance en lui depuis un coup dur, va profiter de cette nouvelle affaire pour se remettre en selle.

Claire Favan nous fait passer par toutes les émotions à travers ce livre : l'horreur, la colère, l'étonnement, la surprise, l'incompréhension et j'en passe. Mais très honnêtement, là où elle est très forte c'est lorsqu'elle met le point final. Elle nous livre là une fin de malade ! Un cliffhanger de fou qui ne vous donnera qu'une envie : vous procurer le plus rapidement possible Le tueur de l'ombre, la suite. Impossible de s'arrêter là. J'attends pour ma part mon exemplaire qui devrait arriver incessamment sous peu.

Bref, en conclusion, Claire Favan n'a rien à envier aux écrivains américains ni au scénaristes de renom. Elle nous livre, avec le tueur intime, un livre digne des meilleurs films américains sur les tueurs en série. D'ailleurs, personnellement, je pense que ce livre pourrait faire une base excellente pour un super film de ce genre !

Bon vous l'aurez compris, Le tueur intime est un énorme coup de coeur, une grande claque, un de ces livres qu'on n'oublie pas.


Le tueur intime de Claire Favan est disponible aux Editions Points.

lundi 24 juillet 2017

C'est lundi ! Je lis ça, et vous ?


Pour bien débuter cette nouvelle semaine, le lundi est l'occasion de faire le point sur ses lectures ! Alors rien de bien compliqué, le principe est simple, on parle de sa lecture passée, de sa lecture en cours et de sa lecture à venir.

Je vous dis ce que je lis, et vous faites de même, ok ? :)

J'ai terminé
Quand la nuit devient jour de Sophie Jomain

Je suis en train de lire
Enfin toi de Molly Mc Adams

Je lirai ensuite
Un livre de la rentrée littéraire 

vendredi 21 juillet 2017

"On met longtemps à devenir jeune" de Christine Jusanx


À tout juste 59 ans, Jeanne débute sa vie de retraitée. Elle décide alors d'enfin réaliser son rêve, vivre près de la Tour Eiffel et pour cela, elle poste une petite annonce afin de partager l'appartement de ses rêves avec un jeune étudiant étranger si possible. Vive et pétillante, Jeanne se lance alors dans l'aventure de la colocation et une nouvelle vie pour s'autoriser enfin de nouvelles expériences...

Après les nombreuses très belles lectures faites ces derniers mois avec des romans de chez Michel Lafon, en découvrant ce titre et cette couverture je n'ai pas hésité une seule seconde à vouloir me plonger dans On met longtemps à devenir jeune de Christine Jusanx.

C'est donc Jeanne, l'héroïne de ce roman ! À tout juste 59 ans, cette jeune retraitée veut profiter pleinement de sa vie et de ce qu'elle n'a pas encore accompli jusque-là. Son projet le plus fou est donc de vivre à côté de la Tour Eiffel, sans hésiter vraiment elle se lance alors à la recherche de l'appartement idéal pour le partager en colocation. Cette colocation va être pour elle l'occasion d'y cohabiter avec un jeune étudiant brésilien, puis un jeune papa divorcé. L'expérience de Jeanne va être utile plus d'une fois à ces hommes, tout comme eux le seront pour elle. Cette nouvelle vie, c'est un rêve qui se réalise et qui réserve bien des surprises.

Jeanne, cette très chère Jeanne que nous accompagnons au fil des pages. Pétillante, profitant de la vie et pleine de ressources, on s'attache forcément à elle. Au fil des rencontres et des jours, son quotidien est secoué, mis à mal parfois, mais elle se relève toujours.

On met longtemps à devenir jeune, n'est pas vraiment le roman finalement auquel je m'attendais. Moi qui imaginais une aventure folle après la lecture du résumé, ce ne fut pas le cas. Ce livre, c'est une ode à la sagesse de l'âge, une ode au temps qui passe et à ce temps de la retraite redouté pour certains et salutaire pour d'autres. Avec cette part de vie de Jeanne, ses rencontres, c'est un roman tout doux, mais sans réelle surprise.

"Mais qu'est-ce que vieillir ? Est-ce vraiment devenir sage ? N'est-ce pas plutôt simplement pouvoir enfin relativiser toute chose ? En ayant appris à tirer les enseignements du passé. En ayant envie de transmettre ces leçons que l'existence vous a données et de partager le meilleur."
L'écriture de Christine Jusanx est agréable, douce et découle naturellement au fil des pages. L'auteure livre une histoire qui fait sourire, qui reflète parfaitement la vie et ses surprises. Point de grand suspens au fil des pages en revanche, tout y est tellement écrit (les moindres détails, les actes qui s'enchaînent) que cela laisse peu de place au lecteur pour finalement s'imaginer l'histoire une fois la lecture commencée. On sait où tout cela va nous mener, chaque chapitre s'emboîte avec le précédent avec simplicité.

On met longtemps à devenir jeune est un livre frais, sympathique avec un personnage principal qui change un peu de ce que nous pouvons lire habituellement. Une femme d'âge mûr qui, a 59 ans, décide de bouleverser son quotidien en réalisant ce vieux rêve, preuve qu'il n'y a pas d'âge pour profiter pleinement de sa vie ! Christine Jusanx propose une histoire qui se lit facilement et qui devrait plaire à tout type de lecteurs, jeunes ou moins jeunes.

On met longtemps à devenir jeune de Christine Jusanx est disponible aux Éditions Michel Lafon !

Merci à NetGalley & Michel Lafon.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
Paris
maturité
femme
rencontres
vie.

jeudi 20 juillet 2017

"Les gens heureux lisent et boivent du café" d'Agnès Martin-Lugand


Lors d'un terrible accident de voiture, Diane perd son mari et sa fille. Tout se fige alors dans sa vie, plus rien ne semble avoir de sens pour elle. Elle s'enferme dans ses souvenirs, dans ce passé si heureux qui s'est brusquement arrêté et ne sort plus de chez elle. Mais maintenant pour Diane, il serait temps de se reconstruire. Elle fuit alors son entourage et s'exile seule en Irlande au bord de la mère afin d'essayer de retrouver un semblant de goût à la vie.

J'avais déjà lu un roman d'Agnès Martin-Lugand il y a quelque temps, il s'agissait d'Entre mes mains le bonheur se faufile que j'avais beaucoup apprécie, et Les gens heureux lisent et boivent du café attendait depuis longtemps dans ma PAL. J'ai alors décidé de le sortir après quelques hésitations et je me suis plongée dedans.

"Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux."

En rencontrant Diane, nous rencontrons une femme bouleversée après ce terrible drame et qui n'arrive pas à s'en remettre. Nous comprenons sa douleur, ce besoin de rester chez elle là où elle était le plus proche de son mari et sa fille, mais nous comprenons tout autant le besoin de Félix, son meilleur ami, de la revoir prendre pied. C'est ce qui la pousse à partir loin de tout et de tous en Irlande, pour essayer de retrouver un sens à sa vie, essayer de remonter la pente et d'aller de l'avant. C'est un véritable combat que mène Diane et auquel nous assistons.

"Je m'habillais en Diane, un jean, un débardeur et un pull près du corps. J'eus le sentiment d'étouffer. Je me débattais pour retirer le pull et attrapai le sweat à capuche de Colin, je l'enfilai et respirai de nouveau. je le portais déjà avant sa mort, je m'en accordais encore le droit."

Les premières pages sont déchirantes, elles nous plongent dans le drame qu'a vécu Diane, dans ce qu'est devenu sa vie et forcément, nous nous attachons à elle. Comment survivre après un tel drame ? Comment avancer ? On se pose la question bon nombre de fois, encore plus avec cette histoire. Mais plus nous avançons dans l'histoire, dans cet épisode en Irlande, plus le roman prend une toute autre tournure à laquelle je ne m'attendais pas tellement. En fait, après avoir lu tellement de très bons avis sur ce livre, je m'attendais surement un peu à autre chose. Autant le début est touchant, et même terriblement bouleversant, mais autant la suite, j'aurais apprécié y retrouver tout autant de profondeur et d'émotions.

Alors certes le sujet est délicat et sensible, certes Diane a une histoire douloureuse, mais il me manquait un petit quelque chose pour que je sois totalement emmenée dans cette histoire. J'ai apprécié les rencontres qu'elle fait en Irlande, ces instants où elle jongle entre gros moments de désespoir et instants de lumière, ce que lui apporte même Edward, mais plus de choses méritaient d'être approfondies à mon goût.

"Il faut d'abord que je me reconstruise,que je sois forte, que j'aille bien, que je n'ai plus besoin d'aide. Après çà, seulement, je pourrai encore aimer."

L'écriture d'Agnès Martin-Lugand est cependant agréable, simple et a une certaine sensibilité. Elle fait de Diane un personnage auquel on s'attache, qu'on a envie d'aider même. Mais je n'ai pas autant apprécié ce livre que Entre mes mains le bonheur se faufile, certainement du au fait que j'ai tellement entendu parler de ce livre en des mots si dithyrambiques. Roman relativement court, moins de deux cent pages, Les gens heureux lisent et boivent du café se lit facilement et rapidement, mais je crains qu'il fasse partie de ces livres que j'oublierais certainement au fil du temps...

Néanmoins, je vous invite vraiment à faire votre propre avis sur ce livre ! Certains adorent Les gens heureux lisent et boivent du café, tout autant que d'autres l'ont presque détesté. Pour ma part, ce fut une lecture en demi-teinte, mais ayant d'autres romans d'Agnès Martin-Lugan je n'hésiterais pas tout de même à lire de nouveau cette auteure pour découvrir ce qu'elle réserve d'autre..

Les gens heureux lisent et boivent du café d'Agnès Martin-Lugand est disponible aux Éditions Pocket.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
perte
deuil
lutte
quotidien
reconstruction.

mercredi 19 juillet 2017

"Sous l'aile du concombre" d'Henri Girard


Hubert est un célibataire endurci. Ce quadragénaire consultant en ressources humaines plaît pourtant à beaucoup de femmes, mais il ne s'attache à aucune d'elles. Hubert ne sait pas dire, je t'aime, ne sait pas montrer ses sentiments, peut-être est-ce dû au fait que l'exemple de ses parents ne lui donne pas envie de se lancer. Hubert est vraiment ce qu'on appelle, un bancal du sentiment.

Sous l'aile du concombre, quel drôle de titre n'est-ce pas ? Et que pouvait donc se cacher derrière ce titre d'Henri Girard ? Et bien une histoire touchante qui fait réfléchir sur cette simple petite phrase qu'est "Je t'aime".

Hubert est en fait un "vieux garçon", un homme qui semble être un célibataire endurci, mais quand on gratte un peu sa carapace, on découvre finalement presque un mal-être, et surtout un véritable blocage avec ce qu'on appelle l'amour. En grattant un peu plus et au fil des pages, on en découvre l'origine, on comprend mieux ce personnage haut en couleur auquel on s'attache.

Sous l'aile du concombre, c'est l'histoire de l'amour, pas une histoire d'amour non, l'histoire de quelqu'un qui ne sait pas dire, je t'aime, qui ne sait pas exprimer ses sentiments et qui pourtant en cache beaucoup au fond de lui. Hubert nous fait sourire, nous émeut aussi et fait qu'on se pose également quelques questions. En plus de l'amour, sont abordés les liens familiaux qui sont parfois des plus complexes, l'amitié qui se cache parfois dans des personnes à qui on ne pense pas vraiment ou encore des non-dits qui sont parfois blessants et empoisonnent l'existence.

Henri Girard à travers son roman allie poésie, humour et tendresse. L'auteur joue avec les mots pour parler des petits ou grands maux du quotidien et de l'amour. Il cache dans les pages de son roman une histoire plus profonde qu'elle n'en a l'air, plus tendre qu'on le pense et qui finit par nous toucher (les dernières phrases m'ont personnellement très émue).

Sous l'aile du concombre saura vous faire apprécier les petites attentions qui cachent parfois beaucoup plus de choses qu'un "Je t'aime" et vous plongera dans une histoire qui vous touchera plus que vous ne pouviez l'imaginer. Et le concombre dans l'histoire ? Et bien le concombre est bienveillant, mais je vous laisse le découvrir pour l'apprécier pleinement...

Sous l'aile du concombre d'Henri Girard est disponible à L'Atelier Mosésu.

Merci à Cécile et à L'Atelier Mosésu.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
célibat
famille
sentiments
vie
profondeur.